LA SANTÉ MENTALE EST BIEN L'AFFAIRE DE TOUS

 

La santé mentale est bien l'affaire de tous
Évènements 15/06/2017

La santé mentale est bien l'affaire de tous.

La Tribune parue le 14 juin dans Le Monde sous le titre « La santé mentale une chose trop grave pour être confiée aux seuls psychiatres » doit retenir l'attention de tous : en raison des dépenses engagées (près de 20 milliards d'euros) et de la critique émise sur la réponse sanitaire et médico-sociale offerte dans notre pays. Sans oublier bien sûr l'impact des souffrances psychiques des personnes malades pour elles et leurs familles.

Un double reproche est justement exprimé.

En premier lieu à l'encontre des décideurs politiques qui tardent à publier un décret pour la promotion de thérapies psycho-sociales trop peu développées en France contrairement à ce qui existe dans les pays comparables au nôtre. Il ne fait aucun doute que ces thérapies sont un indispensable complément à d'autres outils thérapeutiques, en particulier médicamenteux. De surcroît ces thérapies ont l'avantage de rendre explicite la volonté de tous, patients et soignants, de stimuler les aptitudes cognitives et les habiletés sociales que la maladie a épargnées.

En second lieu est reprochée aux soignants une certaine routine dans la gestion de l'urgence et du handicap. Ce reproche est justifié. Il ne suffit hélas pas de le dénoncer pour le solutionner : les soignants eux-mêmes sont trop souvent pris dans la réponse à la crise, enchaînant des heures de travail face à l'accroissement des appels des patients, des familles, de la société.

Formulons le vœu que le Conseil National de Santé Mentale récemment mis en place sous la présidence d'un sociologue soit en mesure de faire naître de nouveaux comportements car la psychiatrie est l'affaire de tous et non point des seuls soignants.

Considérons que la récente annonce de Madame la Ministre Agnès Buzyn en faveur de la recherche, de l'évaluation de l'efficience et de l'organisation des soins, à un niveau territorial et avec un niveau de référence pour les situations particulières ou les pathologies les plus sévères, ouvre une ère nouvelle. Ainsi grâce-à l'intelligence de chacun, le diagnostic de schizophrénie pourrait-il se faire non plus avec des années de retard, au moment d¹une crise, mais dès le début de la maladie : c'est alors que les thérapeutiques aussi bien médicamenteuses que psycho sociales, montrent la meilleure efficacité possible et que l'impact social des troubles sur le parcours de vie de la personne reste accessible à un rétablissement de qualité.

Professeur Jean-Pierre Olié, Professeur de l’université Paris Descartes, membre de l’Académie nationale de médecine, président d’honneur de la Fondation Pierre Deniker

Professeur Marie-Odile Krebs, Professeur de l’université Paris Descartes, Centre Hospitalier Sainte-Anne, présidente de l’Institut de Psychiatrie

Pour lire la tribune parue dans Le Monde du 14/06/2017 (Edition Abonnés), cliquer ici

 

» Toutes les actualités

 

NEWSLETTER



ANNUAIRE

Près de chez vous, trouvez un centre de soins


DOCUMENTATION