PSYCHATRIE, LE JOUR OÙ ARIANE A PERDU LE FIL. RÉPONSE DU PROFESSEUR JEAN-PIERRE OLIÉ.

 

Psychatrie, le jour où Ariane a perdu le fil. Réponse du Professeur Jean-Pierre Olié.
Évènements 26/06/2017

En écho à l’article-témoignage, « Psychatrie : le jour où Ariane a perdu le fil», paru le 14 juin 2017dans le journal Télérama, une tribune du Professeur Jean-Pierre Olié.

J'ai été attristé par la lecture des témoignages que vous avez publiés dans le numéro 3518 à propos de l'internement psychiatrique. Mon propos n'est évidemment pas de les mettre en doute. Qu'il me soit permis de rappeler la complexité des maladies mentales et des réponses médicales et sociales qu'elles peuvent rendre nécessaires : pour soulager ces formes de souffrances à nulle autre comparables et il est vrai aussi parfois, pour protéger la personne malade et son environnement des troubles du comportement générés par la maladie. Dans certaines conditions (absence de traitement, désocialisation, consommation de toxiques) les troubles psychotiques multiplient par 8 à 12 le risque d'acte antisocial ou de suicide.

 Je souhaite faire connaître 3 points à vos lecteurs :

  1. Le dévouement des personnels soignants en psychiatrie dans leur immense majorité et les difficultés de leur métier trop souvent stigmatisé ce dont les malades sont les premières victimes car ils partagent avec eux les violences de la stigmatisation. Il est ainsi établi que les malades mentaux sont plus souvent victimes qu'auteurs de violences,
  2. La découverte à Sainte-Anne en 1952 du premier médicament capable de soulager les symptômes de maladie mentale a permis de passer de la camisole chimique à une véritable thérapeutique à partir de laquelle un double mouvement s'est opéré :
  • la majorité des malades ont pu quitter les asiles, être suivis en ambulatoire et bénéficier de psychothérapies complémentaires de l'action des médicaments,
  • le développement de recherches neurobiologiques pour comprendre le mode d'action de ces médicaments et ainsi les dysrégulations contemporaines des symptômes de maladie,
  1. Il restera toujours trop de soins sans consentement voire de mesures de contention ou d'isolement : à chacun, professionnel ou non professionnel, de progresser dans la compréhension de ces maladies.

Jeter l'opprobre sur tel hôpital ou tel hôpital ne va pas dans ce sens ce qui n'exclut pas la critique d'une expérience vécue lors de soins psychiatrique : à Sainte-Anne ......ou à Moisselles d'où me fut confiée il y a peu une malade dont le médecin se contentait de contempler la souffrance. Telle est une autre forme de violence.

Professeur J.P. Olié

 Vous pouvez lire ici l’article de Télérama (Edition Abonnés)

 

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