BOURSES ET PRIX 2014

BOURSES 2014

Thibaut Dondaine, psychologue et chercheur post-doctorant, Université de Gand, Belgique, Réactions émotionnelles face aux erreurs, un marqueur cognitif de la dépression résistante. 

La dépression est une pathologie psychiatrique complexe, avec une présentation clinique variée selon les patients. La dépression a des retentissements importants dans notre société, tant la prévalence est importante à tout âge et tout milieu confondu. Au-delà des symptômes très connus de la dépression comme la tristesse de l’humeur, l’anhédonie ou les troubles du sommeil, il existe des troubles cognitifs associés à cette maladie comme des déficits de l’attention ou de la mémoire. Une grande proportion des patients atteints de dépression ont une tendance à la rumination mentale où les expériences émotionnelles négatives sont sans cesse remémorées. L’activité ruminatoire peut impacter certaines de nos capacités cognitives comme le contrôle de nos actions. Or le contrôle de nos actions peut induire des émotions notamment en cas d’erreurs. De plus, cette capacité est contrôlée par une aire cérébrale, le cortex préfrontal dorsolatéral, qui constitue une cible privilégiée pour le traitement de la dépression chronique par stimulation magnétique transcrânienne (TMS) Le but de cette recherche est de mieux comprendre l’impact émotionnel des erreurs sur l’activité ruminatoire dans la dépression qui pourrait constituer un marqueur cognitif de la réponse aux traitements par TMS.

 

Dr Gabriel Robert , MD, PhD, Département de Psychiatrie, EA4712, Université de Rennes. Equipe du Pr Schumann, au King's College de Londres. Ce projet s'inscrit dans le cadre du consortium IMAGEN (www.imagen-europe.com). « Addictions chez l’adolescent sain et le jeune sujet schizophrène : rôle des troubles émotionels et motivationnels en imagerie cérébrale ». 

Au sein de ce consortium initialement financé par l'union européenne (FP6), 2000 adolescents sains de 14 ans sont recrutés dans la population générale à travers 3 pays européen et 8 sites (Paris,Londres, Nottingham, Dublin, Berlin, Mannheim, Dresden et Hamburg) et sont suivis jusqu'à l'âge de 19 ans. Ils bénéficient d'une évaluation multi-dimensionelles incluant l'environnement parental et éducationnel, leur performance intellectuelle, l'imagerie cérébrale morphologique et fonctionnelle mais également génétique et épigénétique. Le Dr Gabriel Robert s'intéresse particulièrement aux modifications cérébrales survenant entre l'âge de 14 et 19 ans et des facteurs l'influençant. En particulier, les conséquences de l'alcoolisation aigue sévère ou "binge drinking" et la consommation de cannabissont les deux principaux facteurs actuellement à l'étude.

 

PRIX PIERRE DENIKER 2014

 

V. Marzloff, "IRM-COG: exploration des bases neurales de la cognition sociale dans la schizophrénie."

La schizophrénie, maladie chronique, sévère et fréquente qui se déclare chez de jeunes adultes, reste entourée d'une part de mystère.

Pour le grand public cette maladie rime avec troubles du comportement et dangerosité. 

Pourtant les troubles les plus bruyants sont le plus souvent transitoires et régulés par les traitements. La dangerosité pour autrui ne concerne qu'une minorité des sujets affectés tandis que l'auto-agressivité et parfois les suicides sont très fréquents dans cette population. En effet au delà des symptômes les plus visibles, les patients souffrent majoritairement d'un repli sur eux même avec des difficultés d'adaptation sociales, de communication, et des troubles cognitifs invalidants. Ces troubles s'associent à  un isolement, une désorganisation, une perte d'autonomie et de qualité de vie. Pour les scientifiques les origines de la maladie et son évolution sont multifactorielles et encore mal élucidées. Pour les médecins, les thérapeutiques restent insatisfaisantes, puisqu'elles atténuent les symptômes psychotiques les plus bruyants, dit « positifs », mais sont peu voire pas efficaces sur le retentissement social, émotionnel, et sur les aspects cognitifs de la maladie.

L'étude IRM-COG explore les régions cérébrales sollicitées lors des interactions sociales à la fois chez des sujets sains et chez des sujets souffrant de schizophrénie. Par des tâches réalisée dans une IRM, un imageur qui fournit un reflet de l'activité cérébrale, il apparaît que certaines régions corticales responsables de la régulation des émotions et des interactions sociales sont moins actives chez les patients souffrant de schizophrénie. Leur variations anatomiques et leur implication dans un réseau cérébral interconnectée sont également investiguées.

Cette étude, qui s'inscrit parmi d'autres recherches nationales et internationales, vise à mieux comprendre les phénomènes à l'origine des troubles des interactions sociales dans la schizophrénie (on parle aussi de déficit de cognition sociale) et à envisager à terme des alternatives thérapeutiques innovantes.

 

 

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