INSERTION PROFESSIONNELLE ET TROUBLES MENTAUX

 

Insertion professionnelle et troubles mentaux
Lu, vu, entendu 09/08/2015

Pour les pays qui font partie de l’OCDE il est de plus en plus évident que la santé mentale est un aspect clé par rapport au marché du travail et aux politiques sociales. 20% des personnes en âge de travailler souffrent un problème léger ou modéré de santé mentale et 50% auront un problème de santé mentale quel qu’il soit au long de leur vie. Les coûts de santé et sociaux sont immenses et les politiciens sont en train d’en prendre conscience. Développer des politiques d’insertion professionnelle plus intégrées est la clé pour faire face les défis économique que pose la santé mentale.

Source : Somapsy

Un rapport de l’OCDE publié en 2012, identifiait les problématiques liées au monde du travail et à la santé mentale et mettait en cause certaines idées préconçues. Trois ans plus tard, le même organisme a publié Fit Mind, Fit Job : From Evidence to Practice in Mental Health and Works, un nouveau rapport qui dans les grandes lignes synthétise l’information du rapport précédent et conclut qu’il est nécessaire de transformer les politiques d’insertion professionnelle en ce qui concerne les personnes souffrant un problème de santé mentale. En générale, ces personnes ont plus de chances d’être au chômage et de se retrouver dans une situation économiquement précaire. Ceci est dû au fait que ces employés ont une productivité plus basse et des taux d’absentéisme plus élevés. Néanmoins, il faut tenir en compte que c’est bien le travail qui rétroalimente la stabilité mentale de ce groupe social.

Il existe plusieurs études qui indiquent qu’aider à maintenir un poste de travail est plus effectif qu’aider à en chercher un de nouveau. D’autre part, plus on passe du temps en dehors du marché du travail (à cause du chômage ou d’une maladie) plus il est difficile de s’y introduire de nouveau. Les personnes avec des troubles mentaux sont une population de risque et ne pas avoir accès au marché du travail peut les faire tomber dans un cercle vicieux. Passer du temps sans travailler réduit la motivation, la confiance en soi et dans ces situations l’insertion professionnelle devient plus complexe. Par conséquent, il faut intervenir dès le premier moment. Une option est que les personnes avec des problèmes mentaux se sentent impliquées dans leur poste de travail en leur offrant par exemple des incitations financières et en soutenant les entreprises qui les intègrent (il faut noter que de nos jours peu d’entreprises ont une stratégie claire pour gérer ces cas).

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D’autre part, pour que les personnes avec des problèmes de santé mentale qui ont perdu leur travail s’introduisent de nouveau dans le marché du travail il est indispensable de disposer d’allocations de chômage et d’handicap. Sans cette base, l’insertion professionnelle est compliquée. À partir de ce point, il est nécessaire changer certaines politiques publiques, que des institutions et des bailleurs s’impliquent davantage, assurer une bonne transition école-travail (un grand nombre de troubles mentaux apparaissent pendant l’adolescence) et travailler pour une meilleur coordination de politiques de prestation de services. Actuellement, la structure du marché du travail de la plupart des pays empêche la réinsertion professionnelle aux personnes avec ce genre de problèmes ; néanmoins, de nouvelles initiatives surgissent. Le Royaume-Uni, par exemple, a introduit en 2014 la figure du « conseiller professionnel » pour identifier les besoins des personnes souffrant de problèmes mentaux et qui cherchent un emploi.

Il est également très important tenir en compte que la santé mentale ne peut pas être considérée comme une responsabilité exclusive du système de santé. Il faut être conscient qu’il existe des liens profonds entre la santé mentale, l’éducation et le marché du travail. Il y a quatre acteurs principaux pour mener à bien l’insertion professionnelle des personnes avec des problèmes mentaux : les professeurs, les superviseurs sur le lieu de travail, les professionnels de santé et les spécialistes d’insertion professionnelle. Dans un premier temps il est nécessaire que ces acteurs prennent conscience de l’importance de leur rôle, dans un deuxième temps il faut leur fournir des instruments et plus de compétences, puis finalement il faut créer une structure de soutien avec des professionnels spécialisés pour les conseiller.

Un des principaux problèmes de tous les pays est le lien discordant entre les besoins des personnes souffrant un trouble mental et les services auxquels elles ont accès. Il faut combiner le soutien médical et le soutien professionnel pour mettre en place un développement graduel de stratégies plus intégrées, des initiatives qui aident à maintenir ou à trouver un travail, des politiques de services de santé intégrés, etc. Aux Pays-Bas, par exemple, il existe un système de communication entre le secteur de la santé mentale et le service d’emploi, et en Autriche ceci est le cas entre la sécurité sociale et le service d’emploi public. Certains pays commencent à agir pour intégrer la santé mentale et les services d’emploi et ils l’ont fait de deux manières : avec un service de ressources plus intégré dans le système de santé et à partir d’entités spécialisées qui intègrent les ressources de services.

 Crédit Illustration : Vodafone Medien

 

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