NOUVEAUX REGARDS SUR LA SCHIZOPHRÉNIE

 

Nouveaux regards sur la Schizophrénie
Read, seen, heard 26/06/2015

Le journal Le Monde a publié un article qui offre un regard nouveau sur la schizophrénie et les moyens de la prévenir.
 

Prévenir la Schizophrénie ? Un objectif envisageable selon le Professeur Marie-Odile Krebs : « Nous pouvons maintenant proposer des prises en charge précoces, avant même le premier épisode psychotique, ce qui réduit sensiblement le risque de basculer dans une schizophrénie. Et l’enjeu pour l’avenir est de pouvoir repérer les individus vulnérables, pour s’inscrire encore plus dans des démarches de prévention ».

A l’aide son équipe le professeur Krebs a mis au point un test sanguin inédit permettant de dépister les personnes dites à "ultra-haut risques" par 22 biomarqueurs sanguins (étude à paraitre dans la revue Translational Psychiatry). La maladie peut ainsi être prise en charge de manière précoce à l’aide  d’une thérapie comportementale et cognitive, de méthodes de psychoéducation et d’une prise en charge des troubles associés et ceci sans utiliser d’antipsychotiques ! Ces techniques de préventions sont encore peu appliquées mais peuvent redonner espoir lorsque l’on sait que cette maladie a peu bénéficié des progrès de la science ces dernières années (aucune nouvelle molécule depuis 1990).

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Une maladie qui est par ailleurs toujours victime d’idées reçues. Le grand public associant schizophrénie avec maladie mentale dangereuse… Mais cela ne devrait pas perdurer éternellement. On possède de nouveaux éléments permettant de mieux comprendre et de dédiaboliser cette maladie qui s’avère en fait être la résultante d’un dysfonctionnent de la connectivité cérébrale associé à de multiples facteurs génétiques.

Le Professeur Bruno Falissard (Inserm) en collaboration avec l’Unafam étudie les symptômes précurseurs de la schizophrénie et de la maladie bipolaire en donnant la parole aux parents et proches des malades. Cela permet d’étudier les signes avant-coureurs du développement de la schizophrénie.

Du coté thérapeutique la remédiation cognitive (technique de psychoéducation) dont le principe est de réhabiliter des fonctions cognitives altérées, a pour objectif la réinsertion professionnelle ou sociale. En effet comme le souligne le docteur Isabelle Amado  (Hôpital Sainte Anne) : « des déficits cognitifs sont présents chez plus de 80% des patients souffrant de schizophrénie, avant même que la maladie se déclare. C’est une atteinte à leur qualité de vie, une vraie souffrance. » Cette technique de remédiation cognitive mise au point par le docteur Amado (et récompensée en 2014 aux Etats Unis) commence à se développer en France et nécessite « que les patients soient biens stabilisés sur le plan médical ». Ce programme s’étale sur 3 mois avec comme objectif un projet de réinsertion.

Cette thérapie adaptée au cas par cas fait appel à de nombreuses méthodes. Par exemple, afin de familiariser les patients aux taches de la vie quotidienne, un parcours a été établi au sein de l’hôpital Saint Anne dans lequel certaines tâches doivent être effectuées par le patient : faire des achats, chercher des informations… Selon Isabelle Amado « L’objectif est de passer d’un parcours de soin à un parcours de vie ».

Des progrès sont également possibles grâce aux modèles animaux. Il y a quelques années Thérèse Jay (Directrice de recherche Inserm) a mis au point un modèle animal de schizophrénie qui reproduit les anomalies de connectivité de la maladie au niveau du cortex préfrontal de l’hippocampe. Cela a permis d’étudier plus précisément les facteurs environnementaux sur le développement des troubles psychiatriques. L’étude a particulièrement mis en avant la vulnérabilité des adolescents face au développement de troubles psychiques notamment liés à la consommation de cannabis.

 

Source:

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2015/06/22/nouveaux-regards-sur-la-schizophrenie_4659458_1650684.html

 

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